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Le Guide pratique des Rennais

couv Odorico

Odorico, un patrimoine coloré à Rennes

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Plus rares et moins visibles que les maisons à colombage, les mosaïques Odorico parsèment la ville de Rennes et l’Ouest de la France. Si vous n’en avez jamais entendu parler, c’est le moment de se rattraper !

 

 

Aux origines de l’Odorico

La famille Odorico vient d’Italie. L’un des membres les plus connus, Isidore Odorico (1893 – 1945), appartient à la deuxième génération de ces artisans mosaïstes. C’est son père, immigré italien, qui a introduit cette tradition de la mosaïque : il avait participé aux chantiers de l’Opéra Garnier de Paris ! En 1882, il fonde avec son frère sa propre entreprise à Tours. C’est le début d’une grande épopée qui durera près de 70 ans, dont son fils Isidore sera un représentant majeur.

A l’autre bout de la France se développe l’Art Déco :

Vase Daum Odorico

Vase Daum

odorico pharmacie

Crédits photos – Bérénice Morenvillier

 

 

Connu sous le nom d’école de Nancy, ce mouvement artistique a fleuri après la défaite française contre la Prusse en 1870. Emile Gallé ou Victor Prouvé en sont d’éminents représentants.

C’était l’époque de Pasteur, et les préoccupations hygiénistes étaient fortes. Les mosaïques deviennent alors des décors architecturaux idéaux, car imputrescibles, lavables à grande eau et résistant à la lumière.

Le motif principal de l’Art Déco, mouvement surnommé « style nouille, branche de persil, guimauve » par ses détracteurs, est le monde végétal. On y trouve de nombreuses espèces de plantes locales, mais aussi des insectes. Ce mouvement a disparu après la Première Guerre mondiale, à cause des coûts et du manque d’intérêt pour les motifs.
Isidore Odorico fils, après avoir fait son service militaire, termine sa formation à l’école des Beaux-Arts de Rennes. Sa première grande œuvre est « le petit Caruhel », une maison italienne dont les sols, en mosaïque Odorico, représentent des motifs marins (coquillages, étoiles de mer, pieuvres).

Rennes, une ville ponctuée de mosaïques Odorico

Toutes les mosaïques ne sont pas accessibles au public, mais le Flâneur a tout de même sélectionné pour vous les perles qu’il a pu croiser sur son chemin !

La première œuvre que nous voulons vous présenter est cette façade qui se trouve au 31, rue Dupont-des-Loges. Dans ces motifs circulaires, ce fond bleu, et cet aspect un peu brillant dû aux émaux dorés, c’est la tonalité baroque de l’Art Déco de Nancy qu’Odorico retrouve, cet art tout en courbes qui représente des motifs simples issus de la nature.

Odorico

31 rue Dupont-des-Loges

Et aussi, comment ne pas parler de l’œuvre-maîtresse d’Odorico à quelques mètres de cette façade, qu’il laisse à la fin de sa vie comme un testament : sa maison, au 7, rue Saint-Sauveur ! Bien qu’elle ne soit pas ouverte au public, la façade reste un régal pour les connaisseurs : la maison carrée rappelle l’architecture décalée des années 30, et l’écrin de mosaïque jaune cache bien ce qui, à l’intérieur, est pur spectacle. Mais de ça, nous ne pouvons en dire plus !

maison Odorico

Au 7 rue Saint Sauveur, la maison dOdorico fils

En vous dirigeant vers la gare, vous pourriez passer à côté d’un immeuble qui n’est pas sans rappeler la maison bleue d’Angers : l’immeuble Poirier, au 7, avenue Jean-Janvier. Une mosaïque Odorico ceinture le premier étage et une autre couronne le haut. On y retrouve encore  une fois des motifs géométriques, et la pose d’émaux noirs et dorés donne une œuvre agréable à regarder, presque intemporelle. On peut malgré tout penser à des créatures venant de fonds marins, l’aspect ondulant de la mosaïque du dernier étage s’inscrit dans la lignée de la maison bleue d’Angers.

Odorico

Limmeuble Poirier, au 7 avenue Jean Janvier

Enfin, comment parler d’Odorico et de ses mosaïques sans évoquer la piscine Saint-Georges ! Conçue justement à cette époque où la préoccupation hygiéniste battait son plein, c’est d’abord Jean Janvier, maire de Rennes, qui souhaitait ardemment ce projet. Mais ce n’est que son successeur, Carle Bahon, le premier maire socialiste de Rennes, qui a mis en place les travaux. Dès la façade, le ton est donné : la forme courbe, les coquilles Saint-Jacques, cette piscine promet d’être une belle aventure. Sans en dire plus, nous laisserons les lecteurs curieux découvrir l’intérieur par eux-mêmes ! Et peut-être plonger à proprement parler dans l’univers Odorico.

Odorico piscine saint-greorges

Piscine Saint-Georges, rue Gambetta

N’hésitez pas à participer aux visites organisées par la ville, car de nombreuses mosaïques ne sont pas accessibles au public (halls d’immeuble, crèches).

Plus insolite, si vous voulez vous porter « acquéreur » d’une mosaïque Odorico, il vous est possible d’ouvrir un nouveau commerce au 13, place de la Mairie !

 

A.V.